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Suite de l’émission Zone Interdite sur l’aide sociale à l’enfance

Didier Dubasque dans "Ecrire pour et sur le travail social" 22/01/2020

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Après la déferlante médiatique qui a fait suite l’émission de M6 du dimanche 19 janvier et les réactions convenues, on en espérait pas moins ,  de notre secrétaire d’état à l’Enfance, Adrien Taquet, mais également de Perrine Goulet, et quelques autres, nous retiendrons cette synthèse précise des réactions des département pointés dans le » reportage ». comme le rappelle Didier Dubasque, rien n’est tout blanc, ni tout noir de par et d’autres des protagonistes : les institutions et les journalistes

à vous de vous faire votre idée!

Suites de l’émission zone interdite sur l’aide sociale à l’enfance : les réactions des Départements mis en cause (Somme, Vaucluse, Savoie et Côtes d’Or)

Les Départements de la Somme, du Vaucluse, de Savoie et de la Côtes d’Or n’ont pas tardé à réagir suite à l’émission polémique qui dénonce des pratiques au sein des structures de protection de l’Enfance qu’ils subventionnent. Certains reconnaissent de graves dysfonctionnements en précisant les actions qu’ils ont menés dès connaissance des difficultés (dont certaines remontent à plusieurs années). D’autres dénoncent des conditions de réalisation de cette émission à charge sans véritable dialogue. Tout n’est pas blanc et noir avec d’un côté des institutions qui seraient démissionnaires et « complices » d’un laissez-faire et des journalistes « redresseurs de torts » qui n’auraient en tête que l’intérêt de l’enfant. Revenons plus en détail sur ce que disent les Départements mis en cause.

La préfecture et le Département de la Somme

Le reportage mentionne un établissement du département de la Somme : la maison d’enfants à caractère social (MECS) de Valloires. « Les images montrent des enfants et des adolescents pris en charge dans des conditions indignes et victimes de violences » Le Président du Conseil départemental et la Préfète de la Somme ont rédigé un communiqué commun. Ils  tiennent à « affirmer leur émotion face à ces images et leur détermination à agir pour que ces situations ne se reproduisent pas ». Les « lourds dysfonctionnements » mis en lumière par le reportage ne sont pas niés. « Ils ont déjà donné lieu à des « mesures correctrices, à une procédure en justice et à l’installation d’une administration provisoire ».

Mais le reportage de M6 omet de décrire  et de préciser les mesures correctives décidées par les autorités publiques et de l’instruction judiciaire qui sont encore en cours. Celles ci avaient été prises en mars 2018, avec une inspection à la clé et la mise sous administration provisoire de l’association gestionnaire de la MECS en juin 2019. Le Communiqué précise aussi « Qu’une instruction est encore en cours auprès des autorités judiciaires concernant le cas mentionné dans le reportage ».

Lire le communiqué de presse État – Département de la Somme « Réaction suite à la diffusion d’un reportage de l’émission Zone interdite relatif à la protection de l’enfance le dimanche 19 janvier 2020 »

Le Département du Vaucluse

L’une des  séquences de l’émission a mis en cause  le CDEF d’Avignon, établissement autonome assurant sans distinction l’accueil d’urgence de mineurs sur décision judiciaire, et le Conseil départemental de Vaucluse, qui alloue des moyens à son fonctionnement. « Les faits évoqués – à savoir la prostitution de certains mineurs placés – sont extrêmement graves » « Le Conseil départemental est taxé dans ce reportage d’inertie, ce qui constitue une contre-vérité flagrante » précise ce communiqué. Les faits contredisent cette accusation : « Des fugues manifestes et des suspicions de prostitution ont conduit le CDEF 84 à saisir les responsables territoriaux de l’ASE qui ont signalé systématiquement au procureur ces mises en danger… » Il a déjà été  demandé le recours des forces de l’ordre.

Ces interventions ont ainsi permis en 2018 le démantèlement par l’unité d’élite du GIGN, après saisine d’un juge d’instruction, de ce qui était effectivement un réseau de proxénétisme de grande ampleur. « A chaque fois que cela était possible, le Conseil départemental a déposé plainte et a encouragé les jeunes filles à faire de même ». Les cadres de l’ASE ont également fourni aux enquêteurs tous les éléments permettant d’identifier puis, le cas échéant, d’interpeller les prédateurs ». Les jeunes concernées ont été déplacées.

En 2019, le Conseil départemental a été saisi pour des faits similaires et a pu mettre en place le même dispositif de protection, en lien avec le parquet et les services de police. « La présentation qui est faite dans le reportage de ce dossier épineux est à la fois partielle et partiale » précise le communiqué. « Il est d’ailleurs irresponsable de remettre en cause de cette manière le professionnalisme et l’engagement des équipes du CDEF comme des agents de l’Aide Sociale à l’Enfance, au risque de compliquer plus encore au quotidien un travail déjà très délicat ».

Lire le communiqué de presse du Département du Vaucluse « Réaction au reportage de l’émission de M6 « Zone interdite » consacré à l’Aide Sociale à l’Enfance »

Le Département de la Savoie

Ce Département présente son communiqué au titre du Droit de réponse et annonce qu’il est « injustement mis en cause ». Les faits dénoncés concernent le lieu de vie et d’accueil «Le Sapin de Jarsy». Il a fermé définitivement ses portes en février 2015 suite aux conclusions d’une inspection menée par le Département et l’État considérant que la santé, la sécurité et le bien-être moral et physique des personnes prises en
charge étaient compromis.

En fait les dysfonctionnements remontent à 2011. Le communiqué détaille ce qui a été engagé depuis cette date année par année.

C’est  le Département, en lien étroit avec les services du Préfet et de l’Agence régionale de santé, qui est à l’origine de la fermeture du lieu de vie et de la traduction devant la justice des responsables de l’association. La structure qui n’existe plus « ne respectait pas sciemment ses engagements et mentait sur son activité ; de plus elle  dissimulait délibérément ses dysfonctionnements lors des multiples visites des services du Département.

Lire le communiqué du Département de Savoie « Droit de réponse – Protection de l’Enfance Injustement mis en cause, le Département réagit à la diffusion de l’émission Zone Interdite sur les défaillances de l’aide sociale à l’enfance ».

Le Département Côte d’Or

Le président de ce Département et ancien ministre Alain Sauvadet ne décolère pas. Il explique en détail les conditions de réalisation du reportage et annonce  qu’après avoir regardé l’émission et consulté ses services juridiques. Il s’interroge sur la méthode employée par les journalistes alors qu’il leur avait proposé lui-même une visite à la maison départementale de l’enfance « Simone Veil ».

Contrairement à ce qui a été indiqué, (un recrutement sur simple coup de fil), les deux journalistes ont utilisé de faux CV et de fausses lettres de motivation pour se faire embaucher et s’introduire dans un établissement géré par une association. Elles se sont fait passer auprès de la direction de l’établissement pour des éducatrices spécialisées, pour un remplacement de quelques jours sur des postes de moniteur adjoint d’animation, ouverts par l’association. (Cela ne retire pas la fait qu’elles ont bien été embauchées, mais en utilisant de faux documents) C’est un réel dysfonctionnement de l’association qui n’a pas vérifié les candidatures ce que dénonce le président du Département.

« Il reste que les faits, tels qu’ils sont rapportés, sont graves et témoignent de situations inacceptables ». Ils concernent la Maison d’enfants à caractère social (MECS), à Dijon, gérée par l’Association « Les PEP CBFC », qui accueille 40 enfants placés.

Le jour même de son interview, le 1er octobre 2019, Alain Sauvadet avait mandaté une mission d’inspection du Département qui est intervenue dès le lendemain, le 2 octobre. « Cette mission d’inspection a notamment mis en lumière des problèmes d’hygiène et d’entretien dans les espaces communs et les chambres, une problématique d’insuffisante sécurisation du bâtiment ainsi qu’un protocole de signalement des fugues connu mais pas respecté » précise le communiqué.

Le Procureur de la République a été saisi le 10 janvier des faits présumés de prostitution et de présence de stupéfiants afin  d’enquêter sur la réalité des faits qui pourraient constituer une infraction pénale. Le président précise que les deux jeunes filles concernées par le reportage ont été retirées de la MECS en mai 2019 pour l’une, en octobre 2019 pour la seconde, en lien avec le juge des enfants, pour d’autres prises en charge.

Alain Sauvadet précise qu’il a aussi saisi le Procureur de douze cas pour des faits de violence grave survenus à la Maison départementale de l’enfance Simone-Veil. Récemment, la violence d’un jeune de 13 ans  a conduit une éducatrices spécialisées aux urgences du Centre hospitalier.  Là aussi il a été nécessaire de requérir le Procureur de la République pour obtenir un placement en unité pédo-psychiatrique. « Il y a un manque réel de réponses adaptées à de tels cas ».

Lire le communiqué de presse de François Sauvadet : « Enfance en danger : le Département de la Côte-d’Or est déterminé à assumer ses missions »

Enfin de l’Assemblée des Départements de France a été saisie par les présidents des Départements concernés dès le lundi 13 janvier. Il va être créé un groupe de travail sur le sujet des relations entre l’Etat, les Départements et les associations du champ social qui accueillent des enfants.

 

 

Photo

Note : les sigles Pdfpro sur les  documents sont imposés par le logiciel qui m’a permis de retirer les coordonnées des professionnels de la communication de ces Départements que je n’ai pas eu le temps de contacter.