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Réforme du statut des assistants familiaux: inquiétude et déception

Par Didier Dubasque dans "écrire pour et sur le social" publié le 1er décembre 2020

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Didier Dubasque a une fois de plus  fait une lecture attentive de nos publications. il en a extrait les points essentiels:

à lire ici

Rien ne va plus chez les assistants familiaux : C’est l’inquiétude et la déception du côté de leurs représentant(e)s

Quatre organisations professionnelles représentatives des assistants familiaux (1) viennent de signer un courrier commun où elles font part de leur profonde désapprobation et inquiétude « face à l’inertie voire la dérision » avec laquelle, leurs propositions sont prises en considération lors des discussions au ministère des Solidarités. Après deux réunions (6 et 13 novembre dernier)  puis la réception de propositions de la part du ministère concernant les conditions de travail et d’exercices de la profession d’assistant familial, le constat est clair. Pour elles, le compte n’y est pas. Les assistantes familiales qui participent aux rencontres sont désabusées et se demandent même si on les mène en bateau. « Au fur et à mesure que ces réunions avancent, nous n’avons reçu aucune proposition objective. Cela nous laisse dubitatifs quant à la finalité réelle de la consultation entreprise ».

« Le 6 novembre, la réunion dans le cadre du groupe de travail sur la réforme « du statut des assistants familiaux » n’a abouti qu’à des considérations d’ordre plutôt philosophiques que concrètes » indique le communiqué. Finalement, il ne s’agit pas d’une concertation avec les autorités de tutelle ni même d’uns consultation tant les représentantes de ce métier si particulier se sentent ni écoutées ni entendues.

« Le 13 novembre, une réunion consacrée aux retours d’expérience sur le confinement du printemps a permis aux organisations présentes d’exposer leur bilan en amenant des constats qui auraient pu être largement partagés par les assistants familiaux ». Il n’en n’a rien été est-il déploré.

« Rien n’a été abordé avec nous concernant notre mission »

« C’est nous et de façon très nette et non ambiguë qui avons, lors de la pandémie covid-19, (première et deuxième vague) permis de maintenir la prise en charge des jeunes parfois à nos risques et ainsi à l’accueil familial et plus largement à la protection de l’enfance de ne pas sombrer » écrivent les associations et syndicats.

Le secrétaire d’État Adrien Taquet est-il à la hauteur de l’enjeu de ce métier en perdition du fait de l’impossibilité de recruter des assistantes familiales en nombre suffisant ? En tout cas les représentants de la profession qui ont rédigé ce courrier n’en sont pas du tout convaincus. Ils regrettent que chaque Département élabore ses propres règles ce qui provoque une disparité des pratiques en matière de formation, agrément, recrutement et même suivi des situations des AssFam.

Le collectif signataire de cette lettre ouverte pose la question : « comment obliger les Départements à suivre les décisions prises alors que les lois de 2005, 2007, 2016 sont dévoyés via des règlements départementaux parfois de manière totalement arbitraire ? ». « En effet », écrit-il, « nous ne pouvons plus accepter de voir des outils socio-éducatifs aussi importants que le contrat d’accueil et le projet pour l’enfant toujours pas mis en place de façon efficiente ! »

« Passer à côté en 2021, d’une vraie réforme solide de la fonction d’assistant familial c’est d’ores et déjà condamner la protection de l’enfance ! Que souhaite le gouvernement ? » est-il demandé

« Osons une vraie réforme »

Dans un document assez complet les 4 organisations demandent notamment que les agréments ne soient plus gérés par les Départements mais par des instances « neutres et indépendantes »  sous la tutelle conjointe de la Région et de l’État – Préfecture régionale ou Agence Régionale de la Santé. Elles souhaitent la mise en application d’un référentiel et une grille d’évaluation unique pour le territoire national.

Elles demandent une nouvelle procédure de certification préalable au recrutement. Elles souhaitent être recrutées dans les institutions via un centre de gestion de ressources humaines qui officierait pour la région. Elles suggèrent aussi la mise en place d’un tutorat permettant de mieux accompagner les jeunes professionnel(le)s. Les représentants de la profession ont aussi élaboré toute une série de propositions dans le cadre de la formation obligatoire qu’elles proposent en 2 temps distincts.

Les autres points abordés portent sur le besoin d’un référentiel de sécurité, les salaires et l’évolution professionnelle. Elles proposent par exemple une revalorisation et une uniformisation sur tout le territoire des indemnités d’entretien légales et des frais versés aux assistants familiaux. Bref, pour résumer les structures demandent le retour de règles nationales dans le cadre d’un métier sécurisé et piloté par l’État.

Or au regard des moyens dont l’État dispose, il semble peu probable qu’elles soient entendues sur ce sujet. Le manque de réponse à leurs propositions est en tout cas révélateur d’un sérieux malaise et au pire plus simplement  d’un manque de considération.

Télécharger le billet d’humeur inter-organisations des assistants familiaux

Lire la synthèse du document « Métier de l’assistant familial « Osons une vrai réforme du dispositif d’accès et du statut »

 

(1) (ANAMAAF, CASAMAAF SAFSOLIDAIRES et FNAF)