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le mal-être des assistants familiaux de l’Hérault

Lettre ouverte au Président du Conseil Départemental de l'Hérault

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Les Assistants familiaux  de l’Hérault sont en colère, le SAF les soutient. voici la lettre qu’ils adressent à leur employeur, le Président du Conseil Départemental.

pour tous ceux qui souhaitent soutenir leur action: ci-joint le courrier à co-signer.

 

Lunel, jeudi 14 novembre 2019
Monsieur le Président du Conseil Départemental de l’Hérault,
Nous vous adressons ce courrier car en tant qu’association représentant les assistants familiaux de notre département, nous nous devons de vous faire entendre leurs voix. Ils ne peuvent plus rester dans l’ombre et nous ne pouvons plus nous contenter de rester à leur écoute, les orienter, les conseiller, les accompagner. La profonde souffrance des assistants familiaux allant crescendo de mois en mois, nous amène à vous interpeller. C’est la
demande qu’ils nous font et il est de notre devoir d’y répondre.
Nous sommes certains qu’à tous les niveaux hiérarchiques de la protection de l’enfance, ce mal-être qui s’amplifie dans notre profession a été entendu. Mais malheureusement, personne ne nous a apporté de réponse à ce jour.
– Mal-être entendu par nos conseillers du SDAF qui, bien qu’à l’écoute, ne sont plus à même d’y répondre.
– Mal-être entendu par notre chef de service qui n’a malheureusement pas repris son poste depuis cet été. Un intérim se met en place , mais quelle réponse cette personne pourra t’elle nous apporter et dans quel délai?
– Mal-être partagé au sein des agences auprès de nos collègues débordés ou absents.
– Mal-être accentué par la réorganisation.
Ce mal-être est présent à tous les niveaux hiérarchiques et vous ne pouvez l’ignorer.
Aujourd’hui les assistants familiaux souhaitent vous interpeller parce qu’ils n’en peuvent plus et estiment qu’il y a urgence. Nous ne cessons de lancer des appels à l’aide pour nos collègues désespérés, qui se sentent abandonnés, inaudibles, mais ces appels restent lettre morte.
Comment pensez-vous que nous puissions accompagner correctement les enfants qui nous sont confiés si nous-mêmes sommes en souffrance et dépourvus de réponses à nos besoins?
Nous avons de nombreuses propositions à formuler tant pour l’amélioration de nos conditions de travail que pour lutter contre cette détresse. Nous souhaitons que des instances officielles soient instaurées afin de pouvoir
toutes vous les soumettre. Cependant les assistants familiaux de l’ Hérault estiment que certaines propositions ne peuvent plus attendre et il y a urgence à les mettre en place, ici et maintenant.
Monsieur le Président,
Les assistants familiaux de votre département, vous demandent d’instaurer rapidement la présomption d’innocence avec maintien du salaire et un véritable accompagnement de nos collègues, tout le temps de la procédure. Car celles et ceux qui font aujourd’hui l’objet de dénonciations ne peuvent plus attendre que l’Etat se décide enfin à généraliser au niveau national ce qui existe dans certains départements. Vous pouvez imaginer les
dégâts, parfois irréversibles, que ces dénonciations majoritairement calomnieuses, entraînent auprès de nos collègues. Dépressions, atteinte à leur santé physique, auxquels s’ajoutent de graves difficultés financières lors du retrait des enfants au nom du principe de précaution. Ce n’est pas ce principe que l’on remet en cause, mais bien le désastre que cela entraîne auprès de nos collègues et de leur famille. Même réhabilités, nombreux sont
ceux qui ne s’en remettent jamais et se retrouvent dans une situation matérielle et psychologique catastrophique.
Cette question de l’accompagnement lors de la mise en accusation amène la question de notre travail quotidien au sein des équipes. Il n’est pas normal que les enfants que nous accueillons puissent passer des mois sans rencontrer leur éducateur référent. Il n’est pas normal que nous ne soyons plus invités aux réunions où se parlent le suivi des familles et des enfants que nous accueillons. Il n’est pas normal d’apprendre en même temps
que l’enfant et ses parents la décision (prise soit disant en équipe mais sans nous) concernant l’avenir de ce placement. Pourtant la loi du 27 juin 2005 du CASF a pris soin de préciser que l’assistant familial est membre à part entière de l’équipe éducative. Les éducateurs sont absents ou débordés, ils ne gèrent plus que l’urgence.
Nous voulons que les travailleurs sociaux aient du temps à accorder aux enfants. Nous voulons retrouver notre place au sein des équipes et participer à toutes les décisions concernant l’enfant et sa famille.
__________________________________________________________________________________________
Siège social : 327 Av. Aigues Mortes – 34400 LUNEL EL/FAX 04 67 68 44 72 Email addamef34@gmail.com
Nous sommes au cœur du quotidien de l’enfant. Notre parole, nous semble t’il, est tout aussi importante que celle de nos collègues, puisque nous sommes en première ligne pour apporter des éléments. Cette parole doit être entendue.
Les assistants familiaux de votre département vous demandent également une réévaluation significative de l’indemnité d’entretien, qui aujourd’hui, ne nous permet plus de répondre aux besoins des enfants ainsi que l’instauration d’une indemnité spécifique pour les loisirs et activités culturelles. Seuls nos salaires pallient à ce manque. Rien que le coût de la mise à disposition d’une chambre absorbe la moitié de l’indemnité mensuelle.
Vous n’êtes pas sans connaitre le coût de l’immobilier dans votre département? Sans oublier les exigences de mises aux normes de sécurité très coûteuses.
Nous avons réalisé, à plusieurs reprises, des plans de financement pour évaluer le coût de la prise en charge des enfants en accueil, estimé à ce jour à 20€ journalier. Pour rappel, Mme Lapray Marylou a préconisé dans son rapport, une indemnité d’entretien réévaluée à 17€/jour. Nous estimons que cette augmentation devient urgente car l’augmentation de l’indemnité d’entretien n’a été que de 24 centimes en 8 ans et ne compense pas l’inflation
sur la même période. Pourtant, un protocole d’accord avait été fait en 2012 précisant que l’indemnité d’entretien serait réévaluée chaque année.
Au niveau national, les assistants familiaux n’acceptent plus la précarité actuelle de leur statut. Accusation calomnieuse → perte de revenu. Entre deux accueils → perte de revenu (Moins 90h smic soit 902€ brut mensuel à chaque départ d’enfant). Budget à la baisse → en bout de chaîne, l’assistant familial et l’enfant. Nous ne pouvons offrir que ce que nous avons. Bien sûr, vous pouvez nous renvoyer à ce que la loi prévoit à minima pour nous. Cependant, les départements ont une marge de manœuvre en la matière et peuvent être précurseur
dans l’amélioration de ce statut, comme notre département l’a été en instaurant un SMIC pour l’accueil d’un enfant. Nous espérons que Monsieur Taquet palliera de manière significative à toutes les défaillances de notre statut particulier qui nous maintient dans la précarité, mais nous ne pouvons plus attendre sans certitude de propositions adéquates et courageuses.
Aujourd’hui, aucun assistant familial, sur notre territoire national, ne devrait se retrouver un seul mois avec un salaire en dessous du SMIC dès lors qu’il a signé son contrat de travail. Il est impossible de vivre décemment avec les minimas proposés: indemnité journalière d’attente (962€ brut mensuel) indemnité de suspension de
fonction (621€ brut mensuel) tout en continuant d’assumer les charges liés aux agréments (logement et voiture adaptés à notre profession)
Cette évidence doit être portée au niveau national. Cette évidence peut être entendue au niveau local.
Nous comptons sur vous, Monsieur Le Président, pour porter cette évidence à Paris.
Mais aujourd’hui, l’urgence dans l’Hérault concerne la présomption d’innocence avec le maintien du salaire et un véritable accompagnement des professionnels concernés, un travail d’équipe digne de ce nom et une augmentation significative de l’indemnité d’entretien.
Les assistants familiaux de votre département espèrent que vous serez à leur écoute et que vous prendrez la mesure de leur demande afin que leur mal-être commence à reculer.
Nous vous remercions, Monsieur le Président, de l’attention que vous porterez à notre courrier. Nous comptons sur vous.
L’ADDAMEF 34 au nom de l’ensemble de ses adhérents.
Copie: M. LOUBET DEL PAR, M. AUFRERE, Mme PECH, Mme LEGER, Mme FOURNIER.

Publié le 22 novembre 2019

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