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Etat des lieux de notre profession: il ‘y a 2 ans déjà!

Par Anna Benjamin dans L'Express, paru le 20/11/2018

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Cet article est paru il y a deux ans, c’était hier …Et pourtant aujourd’hui,  il pourrait paraître à nouveau sans qu’aucun des mots ici ne soient modifiés. Ce qui n’est fait pour rassurer les professionnels, toujours moins nombreux et qui exercent sur fond de crise sanitaire.

Enfants « cassés », familles d’accueil « épuisées »

Faute de places, il faut parfois des mois pour appliquer une décision de justice retirant un mineur en danger à ses parents.

Quand on débute, on s’attend à voir arriver un enfant avec un petit sac sur le dos, un doudou sous le bras, comme dans un film. Et puis finalement, on se prend la misère en pleine figure. » Sophie*, 63 ans, est « famille d’accueil » depuis dix ans. Dix enfants ont séjourné chez elle, en Haute-Garonne. Entre 200 et 250, si l’on compte ceux accueillis le temps d’un week-end ou pour les vacances.

Des gamins que la justice a séparés de leur famille biologique. Des handicapés mentaux ou physiques, des enfants abusés, battus, malnutris, « fracassés par la vie »… « Voleur, fiché S, prostitué, toxico, cambrioleur, j’ai eu tout le gratin que personne ne veut, mais dans ma maison ils se sont toujours bien tenus », assure Sophie. Son rôle : « Leur donner de l’amour. Pas les sauver, mais faire un bout de chemin avec eux. » Comme la plupart des assistants familiaux, les enfants de Sophie étaient déjà grands lorsqu’elle s’est lancée dans le métier. Un métier qu’elle aime, et qu’elle n’arrêtera pas tant qu’elle aura le sentiment d’apporter « quelque chose » à ces bambins.