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C’est encore l’Aisne qui fait l’actualité avec une baisse des allocations et des assistants familiaux en colère

Mais que l'on se rassure, comme Mme Letrillart l'a précisé dans un précèdent article: les assistants familiaux ont un CDI, et on les protègent...! Alors, de quoi se plaint-on dans l'Aisne?

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    Ne surtout pas oublier que si nous ne nous fédérons pas, l’Aisne ne sera que le premier département d’une longue liste à sacrifier l’accueil familial aux exigences budgétaires ! Nous regrettons que l’Ufnafaam n’ ait pas prise la bonne mesure des enjeux (voir article de l’ assmat)… encore un rendez vous manqué!

Nous sommes assez curieux de connaitre les doléances que la FNAF  déposera au ministère le mois prochain et surtout le résultat que cette action pourrait avoir.

Lors d’une démarche identique, nous avons trouvé des oreilles bienveillantes, une proposition de participation sur des groupes de travail où notre intervention fut très brève sans pouvoir retenir l’attention de l’assemblée sur la particularité de notre profession si disparate et spécifique , des dossiers et propositions que nous avions soumis, ranger sur une étagère.

Nous sommes invisibles, inclus à la protection de l’enfance  qui reste l’interlocutrice privilégiée et qui malheureusement ne sait pas nous donner la place que nous méritons.

Nous avons pour bel exemple , l’élaboration du Projet Pour l’Enfant qui pourrait être un magnifique outil , une véritable feuille de route pour les assistants familiaux et un rouage essentiel dans le travail  d’équipes, et qui aujourd’hui (10 ans après la loi) n’est toujours pas effectif sur beaucoup de départements et qui pour d’autres se résume à un acte administratif  avec signature de l’assfam au bas de la page sans que ce(ette) dernière n’ait été consulté(e) sur ces possibilités alors que c’est elle qui gère le quotidien de l’enfant confié…

Nous attendions avec impatience le premier rapport du conseil national de la protection de l’enfance remis au premier ministre sans pouvoir vraiment nous en réjouir!

 

 Voici donc l’article paru dernièrement et qui doit nous mettre en alerte!

Baisse des allocations, les assistants familiaux de l’Aisne sont en colère

Des assistants familiaux estiment qu’il y a près de 70 % de différence par rapport à l’année dernière.

Des assistants familiaux estiment qu’il y a près de 70 % de différence par rapport à l’année dernière. – Photo d’illustration : Jean-Marie Champagne

Ils sont quatre mais tous veulent témoigner sous couvert d’anonymat. Sylvie, Gilles, Caroline et Émilie (prénoms d’emprunt) sont assistants familiaux depuis plusieurs années. Ils viennent de prendre connaissance du nouveau barème d’allocations défini par le Département et qui entrera en action à partir de mai prochain. Un barème qui, selon eux, portera «  préjudice à l’enfant placé  » et qui « n’est réaliste par rapport au quotidien ».

Expliquez-nous déjà ce qu’est un assistant familial ?

Gilles  : Nous accueillons au sein de notre famille des enfants placés par décision de justice. Pour des raisons de sécurité, ils ne peuvent plus vivre, temporairement ou non, avec leurs parents. Ce sont des enfants abîmés par la vie, qui ont bien souvent des troubles et qu’il n’est pas facile de gérer. Le Département est notre employeur, nous dépendons de la Direction de l‘enfance et de la famille.

Comment êtes-vous rémunéré ?

Gilles  : Nous avons un salaire de base, le smic, un peu plus de 900€ par mois et par enfant et nous touchons aussi des frais d’entretien pour l’enfant. Cela s’élève à peu près à 400 € par mois. Cela comprend la nourriture, l’eau, l’électricité, mais aussi les allocations spéciales comme l’habillement, la rentrée scolaire, le centre aéré…

«Nous rentrons dans de la maltraitance, or nous devons valoriser ces enfants»

Gilles

Est-ce assez pour couvrir tous vos frais quotidiens ?

Gilles  : Clairement non. Bien souvent, on remet de notre poche. Quand je paie une glace ou un tour de manège à mes enfants, je vais aussi en payer à l’enfant gardé. De même, quand on a un bébé, bien souvent le lait et les couches sont de notre poche. L’allocation scolaire est de 30€ en primaire, ça paie à peine un cartable… Le barème d’allocations pour chaque enfant était tout de même « correct ». Avec le nouveau, ce n’est plus du tout le cas.

Qu’est-ce qui change ?

Émilie  : Presque tout ! Avant par exemple, on touchait 43 € par mois pour l’habillement des enfants de moins de 4 ans. Désormais on passe à 100 € par semestre, soit 16,66 € par mois. Ce n’est même pas le prix d’une paire de chaussure ! Et un bébé, ça change de taille tous les trois mois.

Sylvie  : Il faut savoir que bien souvent, les enfants qu’on accueille n’arrivent qu’avec les vêtements qu’ils ont sur leur dos. On doit tout leur racheter. Et en neuf. Il nous est interdit d’acheter de l’occasion dans une brocante. Il nous faut un ticket de caisse, sinon c’est de notre poche.

Émilie  : Être bien habillé, c’est hyper important pour les enfants. Ça leur permet d’être un enfant comme tout monde à l’école, de ne pas être stigmatisé. Si on leur enlève ça, ça va être dur pour eux.

Qu’est ce qui change d’autre ?

Caroline  : On n’a plus d’allocation pour le centre aéré alors qu’on avait 4 € par jour auparavant. On nous dit que c’est important pour leur sociabilité, mais si on ne perçoit plus rien, comment on fait ? De même, on n’a plus d’allocations vacances. On doit donc les emmener gratuitement ? Mais si on les emmène, on doit louer un logement plus grand, donc plus cher, on leur paie une glace, des activités. C’est normal, on ne va pas les mettre de côté, mais du coup, cela va être de notre poche maintenant. On va finir par travailler bénévolement.

Selon vous, pourquoi ces diminutions soudaines ?

Gilles  : On nous a expliqué que ce nouveau barème devait permettre aux parents de s’investir plus dans le quotidien. C’est compliqué car si les enfants ont été protégés, c’est que les parents sont défaillants. Et ce n’est pas parce qu’ils achèteront deux pulls à leur enfant que cela couvrira les autres frais.

Qu’attendez-vous du Département ?

Gilles  : On ne comprend pas pourquoi nous n’avons pas été consultés. On sait qu’il faut faire des économies, on est prêt à faire des concessions mais de telles coupes, ce n’est pas possible ! Là, c’est l’enfant qui va en pâtir. Si on applique à la lettre ce barème, nous rentrerons dans de la maltraitance, or on se doit de valoriser ces enfants abîmés par la vie. Pour eux, ce sont des chiffres mais nos enfants ne sont pas un numéro de dossier. Ce qui risque de se passer, c’est que des collègues ne voudront plus prendre de bébés, qui coûtent plus cher, et accueilleront moins d’enfants pour avoir moins de charges. Ou alors, ils iront travailler dans la Marne, qui paie mieux. Si ce nouveau barème persiste et s’il est encore pire l’année prochaine (le barème est valable un an, NDLR), moi-même je réfléchirai à accueillir moins d’enfants.

L’embarras de l’opposition départementale qui avait voté pour

Ce lundi matin, le débat sur la baisse des différentes prestations et allocations perçues par les assistants familiaux et les enfants s’est déplacé sur le terrain politique lors de la session du conseil départemental, avec des interventions, un brin embarrassées, des élus de gauche qui avaient voté la délibération le 19 mars dernier, une «  double peine pour les enfants accueillis » et « beaucoup d’incompréhension chez les professionnels », selon l’élue chaunoise Fabienne Marchionni. « Je suis vexé d’avoir voté un rapport dans lequel je n’ai rien vu », reconnaissait, lui, son collègue ternois Michel Carreau, en notant qu’on a « cherché à faire des économies sur le dos de ces jeunes et c’est passé comme une lettre à la poste ». Rétrospectivement, l’opposition regrettait qu’il n’y ait pas eu, dans la délibération présentée, de comparatif avec les montants versés auparavant.

« Vous l’avez voté, preuve que c’est correct », avait beau jeu de rétorquer la vice-présidente en charge de ce dossier Isabelle Létrillart, en relevant que l’Aisne fait partie des départements « où les assistants familiaux sont les mieux payés ». Sur l’allocation d’habillement, elle en appelait au « bon sens » pour « responsabiliser davantage » les parents biologiques, en passant par exemple « les vêtements du plus grand au plus petit, comme cela se fait dans les familles nombreuses », avec une efficacité dont avouait « douter » l’élu castel Bruno Beauvois. Isabelle Létrillart assurait aussi que ces révisions des prestations avaient fait l’objet d’une concertation avec une association qui représente les assistants familiaux. « Il n’y a pas eu de volonté de cacher les choses. Vous avez remis en cause notre honnêteté. Je remets en cause votre courage », s’est agacé le président Nicolas Fricoteaux.