Chargement en cours
Un bloqueur de publicité a été détecté sur votre navigateur pouvant entraîner des erreurs d'affichage sur notre site.
Aucun contenu publicitaire n'étant ici diffusé, nous vous invitons à désactiver cette restriction pour ce site en cas de problème. ×

Ma tata ! C’est comme qui dirait une « jardinière »

Publié le 6 février 2021 par Éloi Lemaire dans ANPASE

Accueil Articles Ma tata ! C’est comme qui dirait une « jardinière »

Assistantes familiales un métier pas comme les autres

Ma tata, son métier ! C’est comme qui dirait « jardinière », une jardinière qui s’occupe de faire pousser des plantes, mais ce n’est pas elle qui a mis la petite graine.
Moi, je ne sais pas qui a mis la petite graine à ma maman. Je suis un enfant de la malchance. Des papas, j’en ai connu beaucoup, tous prêts à prendre l’arbre avec les branches, qu’y disaient. Mais, dès qu’ils m’ont connus, ils sont descendus de l’arbre, ont reboutonné leur braguette et ont pris leurs jambes à leur cou !
Ma maman, dit que c’est à moi de la protéger, que je suis son petit homme mais la juge m’a dit que le costume était trop grand pour moi et que ma relation à ma mère était toxique. Alors elle a décidé de nous séparer mais je dois continuer à la voir. Moi je crois que c’est un dresseur de serpent qui a fait cette loi. Une petite dose de toxines à dates régulières comme antidote, et on voudrait que j’aille bien !
La juge a demandé à la dame de l’ASE de me replacer chez tonton et tata. Je suis alors devenu un enfant de cœur !
Ma tata elle dit que l’accueil familial, c’est devenu un peu comme les pochettes surprises qui se vendaient lorsque qu’elle était petite…. On ne sait pas ce qu’il y a dedans : une môme rock and roll, un martien, un gentil monstre qu’on n’hésite pas à lui refourguer, faute de place, faute à personne. Et cela n’effraie personne !
Eduquer un enfant, c’est déjà du boulot tu sais, mais éduquer un enfant de cœur comme moi, c’est carrément un métier que l’on a intérêt à exercer en équipe.
A ma tata, son chef lui a dit qu’il fallait qu’elle fasse son trou dans l’équipe. Mais pour ça c’est comme dans l’autobus, il faut que ceux qui sont assis, se poussent pour faire de la place. Etrange d’être à la fois un membre à part entière de l’équipe et en même temps, ressentir que vous devez rester à votre place qu’elle dit ma tata, des fois, je me croirais dans une vielle église ou il y a des noms sur les chaises qu’on n’a pas le droit de bouger.
Ma tata, elle découvre. Souvent dans l’équipe, ils commencent par délimiter les frontières, le qui fait quoi avant d’avoir pensé ce qu’ils vont faire ensemble et où ils veulent aller, résultat, ils font du côte à côte au lieu du faire ensemble. Et moi je fais du surplace.
Alors survient la crise, alors il y en a toujours un pour crier « la femme et l’enfant d’abord » et c’est tata ou moi qu’on veut débarquer ; les autres ont leurs noms sur leurs chaises !
Et puis il est arrivé, le petit chinois qui avance masqué et du coup ma tata est devenue indispensable et ultra compétente. La voilà : tata, instit, psychologue, éducatrice et référente sociale… avec le même salaire !
L’équipe solidaire est devant sa télé ; en télétravail qu’y disent. Je n’ai pas trouvé ça juste, moi je n’ai jamais le droit de faire mes devoirs devant la télé !
Ma tata m’a expliqué que ça s’appelait télétravail, mais en fait ils étaient devant leur ordinateur, protégé par l’antivirus.
Du coup, on ne voit plus personne ; plus personne qui se croit obligé de me rappeler ma mère. Moi le petit homme au costume trop grand, je suis devenu un enfant de cœur qui grandit bien, enfin presque ! Des fois je me dis que si je grandis trop bien, la juge et le dresseur de serpent sont bien capable de me renvoyer chez ma mère, alors ….
Harry Cau