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Lille : la fronde des juges des enfants-LE PARISIEN•02/12/2018 à 11:21

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Lille : la fronde des juges des enfants

Lille : la fronde des juges des enfants –  Hélène Hannon

 

« Un mineur, dont j’avais ordonné le placement le 20 juin, a été placé la semaine dernière. Pendant cinq mois, il est resté chez lui, déscolarisé, en danger », déplore Judith Haziza, juge des enfants au tribunal de Lille (Nord). Celle qui est aussi déléguée régionale du Syndicat de la magistrature vient de signer, avec les douze autres juges des enfants du tribunal de Lille, une tribune pour soutenir les travailleurs sociaux.Depuis plusieurs mois, ces derniers dénoncent la suppression de 700 places en trois ans pour les enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE) dans le Nord.

C’est dans ce département que sont placés le plus d’enfants : 7 800 aujourd’hui. « Si le juge estime qu’il y a un danger tel que l’enfant ne peut plus rester chez ses parents, mais qu’il y reste faute de place et qu’il y a un incident, c’est de la responsabilité du département », prévient Judith Haziza.Un bébé est resté un mois à la maternité, faute de placeAprès dix jours de grève et plusieurs manifestations, assistants sociaux, éducateurs, infirmiers, psychologues et assistants familiaux retrouvent un peu le moral : « Le soutien des juges nous fait beaucoup de bien, assure Marie Montreau, éducatrice à l’unité territoriale de prévention et d’action sociale de Tourcoing-Mouvaux.

C’est intenable : un bébé est resté un mois à la maternité, faute de place ».Aujourd’hui, les enfants placés n’arrivent plus sur une place définitive mais sur une place d’urgence. En deux ans, on a dû changer trois fois de famille un petit garçon de 4 ans parce qu’à chaque fois il arrivait chez une assistante familiale en sureffectif.

Cet été, les enfants placés en famille d’accueil n’ont pas eu de colo. Ils se sont parfois retrouvés à neuf dans une même famille. Certains ados difficiles ne sont plus pris en charge, on est obligés de les laisser chez eux alors qu’on les sait maltraités. »

Le département, lui,  explique qu’il n’a pas supprimé mais transformé ces 700 lits en 350 places pour les mineurs non accompagnés et 350 places en soutien éducatif à domicile, pour privilégier le remaillage des familles.

« Du bricolage ! objecte Marie. Les moyens ne suivent pas ! » « On est en colère car on sait que cette politique peut à long terme avoir un coût extrêmement important pour la société. Un enfant qu’on prend mal en charge ne va pas s’insérer socialement », s’inquiète Judith Haziza. « Ce n’est plus possible d’aller travailler en sachant qu’on va maltraiter des enfants qu’on est censés protéger, renchérit Marie. Mais le malaise existe dans beaucoup d’autres départements qui viendront d’ailleurs défendre ces enfants lors de notre manifestation nationale, à Lille, le 11 décembre ! »